Les obligations du musulman en occident (2/5): l’obligation du musulman envers sa religion

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«Dis : « En vérité, ma Salât, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, le  Seigneur de l’Univers. À Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. » (S. 6 ; v. 162-163)

Une des évidences  de la religion islamique est que, la nécessité de préserver la religion a priorité sur la préservation de la vie, des biens et des enfants. Par conséquent, le devoir de préserver la religion, de la répandre et de l’exposer telle que fut révélée, sans altération ni détoure, est une responsabilité qui incombe aux musulmans de l’Occident. Pour ce faire, le musulman ne doit user ni de flatteries ni de duperies et ne doit pas non plus expliquer  l’islam comme souhaiterait l’Occident bien l’entendre, mais bien au contraire, il faut le présenter tel qu’il est réellement en cherchant en cela l’agrément d’Allah (swt) et non pas à plaire aux non-croyants.

« …, et prends garde d’eux de crainte qu’ils ne te détournent d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé. … »(s. 5, v. 49)

Dans pareils circonstances, le musulman a dans les émigrés en Abyssinie parmi les Compagnons du Messager (saaws) un excellent exemple à suivre, quand les Qurayshjtes  envoyèrent une délégation pour les récupérer du Négus.

Ahmad rapporte dans son Musnad, qu’Um  Salama Bint Abû Umayya Ibn al-Mughîra, l’épouse du Messager (saaws), a dit à ce sujet : « Lorsque nous sommes arrivés, en terre d’Abyssinie, nous avons été traités de la meilleure façon et  nous avons  pu pratiquer notre religion et adorer Allah en sécurité, loin de toute persécution et de tout mauvais traitement. Lorsque les qurayshites apprirent cela, ils  décidèrent d’envoyer  deux hommes intelligents et plein de force : ‘Abdullah Ibn Abî Rabî’a Ibn al-Mughîra al-Makhzûmî et ‘Amr Ibn al-‘Âs Ibn Wâil as-Sumhî, afin d’aller rencontrer le Négus d’Abyssinie et ses patriarches. Les peaux tannées dans la région mecquoise étaient les plus recherchées des produits arabes en Abyssinie. On en réunit une grande quantité, pour en faire cadeau à tous les patriarches et autres dignitaire de la cour royale, avant de rencontrer le Négus. On leur expliqua le but de la délégation et l’on s’assura de leur soutien auprès du Négus. On mit l’accent surtout sur le fait que les réfugiés  n’étaient pas Chrétiens, pour  que les Abyssins n’eussent pas de scrupule en les extradant. Lors de la réception à la cour, les deux hommes offrirent des présents  au Négus et lui dirent : « Ô roi, quelques jeunes stupides de chez nous se sont réfugiés dans ton pays ; ils ont abandonnés la religion de leur, mais ils n’ont pas embrassé la tienne non plus. Ils en ont inventé une nouvelle, inconnue chez nous comme chez toi. Les hautes personnalités parmi leurs parents, leurs oncles et leurs proches nous ont envoyés pour demander leur extradition, connaissant mieux que personne les défauts et les vices de ces réfugiés. » L’entourage, gagné d’avance,  soutint la requête, mais le roi devint furieux à l’idée de trahir le droit d’asile. Il fit donc venir les musulmans. Les deux ambassadeurs, ’Abdullah Ibn Abî Rabî’ah et ‘Amr Ibn al-‘Âs en furent mécontents. De leur côté les musulmans furent également effrayés, mais ils décidèrent de dire la vérité, coûte que coûte.

Le Négus leur demanda : « Quelle est donc cette religion, différente des autres et en vertu de laquelle vous vous séparez des vôtres ? »

Ja’far Ibn Abî Tâlîb prit la parole et dit : « O roi, nous étions ignorants : nous adorions les idoles, nous mangions la chair des bêtes mortes, commettions les péchés charnels, nous rompions les liens de parenté, ne respections pas le voisin, opprimions les faibles, et faisions tout ce qui est abominable, jusqu’à ce que Allah nous envoyât Son Messager, l’un d’entre nous. Nous le connaissions parfaitement, sa véracité, sa chasteté, toutes ses vertus depuis toujours. Il nous appela à l’adoration d’Allah comme Dieu unique et à l’abandon des idoles. Il nous ordonna la sincérité, le respect des dépôts, le maintient des liens de parenté, le respect des droits des voisins. Il nous interdit la fornication, le faux témoignage, l’abus des biens des  orphelins et la calomnie des femmes chastes. Il nous ordonne à n’adorer qu’Allah Seul sans associé, à prier, à faire la zakât (aumône légale), à jeûner et à pratiquer tout ce qui est bien. Nous avons cru en lui et avons répondu à son appel, et nous commencions à le pratique la religion qu’il nous avait apportée.

Nous avons adoré Allah Seul, avons considéré comme licite ce qui était désigné et d’illicite ce qui était désigné comme tel ; mais vint tout de suite la persécution de nos compatriotes afin de nous détourner de notre religion et de nous faire revenir au polythéisme et à la débauche, qui nous a contraints à quitter notre pays et à nous réfugier dans ton pays ; et nous t’avons préféré à tous les autres dans notre choix, car nous espérions que personne ne nous opprimerait chez-toi. »

Le Négus lui demanda s’il pouvait lui faire part de ce qu’Allah a révélé. Ja’far acquiesça, le Négus lui demanda de réciter et il récita le début de la sûrate  Maryam (19). Le Négus qui était entouré des évêques, avec des copies de l’Écriture devant eux, commença à pleurer, et les évêques aussi, les larmes allant jusqu’à mouiller leurs barbes et les copies. Le Négus dit alors : « La source de cette lumière est la même que celle du message de Jésus ! Il dit aux émissaires Qurayshites : ‘’ Partez, je ne vous les livrerai jamais ».

Furieux, ’Amr Ibn al-‘Âs jura à son compagnon qu’il reviendrait le lendemain avec ce qui les fera expulser, mais ‘Abdullah Ibn Rabî’a le tempéra, lui rappelant les liens de sang qui les unissaient.

Le lendemain, ‘Amr alla tout de même auprès du Négus et lui dit : « Ces réfugiés  méprisent  Jésus et disent des choses étranges à son sujet ! »

Cette deuxième entrevue avec le roi sema la terreur chez les musulmans. Ils décidèrent pourtant de ne pas mentir. Ja’far prit la parole de nouveau, et déclara : « Nous disons au sujet de Jésus ce que notre Prophète nous a appris, il était un l’esclave et le messager d’Allah, Son esprit et Son verbe (parole), né de la vierge Marie »

Le Négus ramassa un bâton et dit : « Jésus ne dépasse pas ce que tu viens de dire l’équivalent de la longueur de ce bâton ». Malgré la protestation de ses évêques, il assura les musulmans de sa protection et répéta deux fois : quiconque vous insulterait aurait à payer une amende. Il fit rendre les cadeaux qu’on lui avait faits.

Um Salama ajouta : « les deux délégués Qurayshites sortirent humiliés tandis que nous nous installâmes chez lui et que nous y fumes bien traités ». »


Ce texte est un extrait du livret publié par Hizb-ut-Tahrir Europe: ‘l’émigration des musulmans vers les pays de l’occident’

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