Dangereux Concepts (1/5) : le terrorisme (al-irhab)

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Au sens linguistique, al-‘irhâb (terrorisme) est un nom dérivé du verbe ‘arhaba avec le sens d’effrayer ou de terrifier. Allah SWT dit

تُرْهِبُونَ بِهِ عَدْوَّ اللّهِ وَعَدُوَّكُمْ

« Afin (Liturhibuna) d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre. » [Al-anfal : 60]

C’est à dire : vous devez effrayer vos ennemis par les moyens appropriés.Toutefois, le sens a été altéré afin de lui en attribuer un nouveau. Lors d’un séminaire en 1979, les renseignements américains et britanniques s’accordèrent afin de redéfinir le terrorisme comme étant “l’utilisation de la violence envers des civils pour atteindre un objectif politique”.

Par la suite, de nombreuses conférences ont été tenues, des lois et règles édictées afin de définir les actions, les types de mouvements, les organisations et partis qui pouvaient être qualifiées de terroristes, ainsi que les Etats qui supportent le terrorisme. Les Etats de kufr arguèrent que ces mesures étaient destinées à combattre le terrorisme et à juguler sa propagation.

En examinant globalement ces mesures et lois relatives au terrorisme, Il apparaît clairement qu’elles sont imprécises. De plus, elles sont sujettes au parti pris des Etats qui se rassemblent pour les élaborer. Les Etats-Unis considèrent, par exemple, l’assassinat d’Indira Ghandi comme un acte terroriste, mais pas l’assassinat du Roi Faysal, ni celui de Kennedy. Au départ, ils décrivirent l’explosion du bâtiment du FBI à Okhlaoma city comme un acte terroriste, puis quand il est devenu clair que les instigateurs étaient membres d’une milice américaine, ils changèrent leur point de vue et ce qui était un acte terroriste devint un simple acte criminel.

Les Etats-Unis qualifient certains mouvements « d’opposition populaire », c’est la cas des rebelles du Nicaragua, de l’IRA, ainsi que d’autres. Ils considèrent les combattants de ces mouvements, lors de leur arrestation, comme des prisonniers de guerre en vertu du protocole 1 des conventions de Genève promulguées en 1977. D’un autre côté, tous les mouvements qui s’opposent aux intérêts américains ou de leurs agents sont considérés comme terroristes et sont inscrits sur la liste des organisations terroristes. Cette liste, périodiquement révisée et publiée par le Département d’Etat américain, inclue la plupart des mouvements Islamiques d’Egypte, du Pakistan, de Palestine, d’Algérie…

Depuis les années 1970, les américains ont décidé de monter une opinion publique nationale et internationale acquise à leur définition du terrorisme. Ils ont exploité des actions visant des cibles civiles, que ces actions aient pour auteurs des mouvements politiques ou militaires sans lien avec l’Amérique, ou par des mouvements ayant des liens avec leurs services secrets. De nombreux rapports ont mis en évidence que des actions désignées comme terroristes étaient orchestrées par des agents de la CIA. C’est par exemple le cas du détournement du vol TWA vers Beyrouth au début des années 1980… Les Etats-Unis ont aussi exploité l’explosion qui s’est produite dans la base américaine d’al-Khobar en Arabie Saoudite. C’est ainsi qu’en 1996, lors de la conférence du G7 à Paris, les USA firent 40 recommandations dans le but de lutter contre le terrorisme. Puis, avant même de connaître l’identité des auteurs, ils exploitèrent l’incident du World Trade Center à New York, ainsi que l’explosion du bureau du FBI à Oklahoma afin de favoriser l’adoption de lois anti-terroristes approuvées par le Sénat en 1997.

Les recommandations du G7 associées à la législation anti-terroriste ont donné aux Etats-Unis le pouvoir de poursuivre n’importe quelle personne suspectée de terroriste à travers le monde. Les USA pensent qu’ils ont le droit d’arrêter et de kidnapper quiconque serait considéré comme coupable d’un acte terroriste quel qu’il soit et d’appliquer la punition qu’ils jugeraient appropriée : prison, exil, retirer une nationalité ou un statut de résident etc. Et tout ceci sans que l’accusé ait le droit de se défendre ou d’être représenté auprès d’un tribunal civil ou d’un jury.

De plus, les Etats-Unis apposent régulièrement l’étiquette de pays terroristes aux Etats dont les intérêts sont divergents des leurs, c’est le cas notamment de la Corée du Nord, de la Chine, de l’Irak et de la Libye. Ils ont par ailleurs catalogué de la sorte des mouvements islamique comme le Jihad Islamique, le Hamas, la Jama’ah Islamiya en Egypte et le FIS en Algérie. Ils ont exploité, de la même manière, les explosions à l’encontre des juifs de Palestine ainsi que les évènements qui se sont produits en Algérie à la veille de l’abolition par les militaires des élections parlementaires.

Selon ces lois, résolutions et recommandations, les USA peuvent poursuivre et attaquer quiconque est considéré comme terroriste, qu’il soit individu, organisation, parti ou Etat, en usant de la force militaire ou de son influence politique afin d’imposer des sanctions économiques, comme nous l’avons vu pour l’Irak ou la Libye. Ce point de vue a été exprimé par un ancien secrétaire d’Etat, George Schultz, quand il a dit : “Quel que soit les efforts fournis par les terroristes pour s’échapper, il ne pourront se cacher”.

Ainsi, les lois anti-terroristes adoptées par les Etats-Unis sont une de armes stratégiques qu’ils utilisent dans le but d’asseoir leur emprise sur le monde, en particulier avec les pays qui possèdent la capacité de se rebeller contre leur politique.

Depuis que les Etats-Unis ont décidé de promouvoir l’Islam comme leur plus grand ennemi, après la chute du communisme, les pays musulmans sont considérés comme des régions stratégiques envers lesquelles ils utiliseront leurs lois anti-terroristes afin d’accroître leur influence et de les conserver sous leur contrôle. D’autant plus que les musulmans sont en quête du chemin qui les guidera vers la renaissance avec l’Etat islamique, seul capable de mettre un terme à l’idéologie capitaliste dont les Etats-Unis assurent le leadership.

C’est la raison pour laquelle nous ne trouvons aucun mouvement islamique qui ne soit potentiellement apte à rejoindre la liste des terroristes établie par les Etats-Unis. Les partis politiques qui n’utilisent pas l’action matérielle pour réaliser leurs objectifs ne sont pas exempt de ce label. Ainsi, les Etats-Unis considèrent l’activité de n’importe quel mouvement, parti ou état qui appelle au retour de l’Islam comme une action terroriste qui ouvre une brèche dans les lois internationales. Grâce à cette justification et en contraignant les nations qui ont adoptées les lois anti-terroristes, les USA sont capables de mobiliser les forces de ces dernières sous leur commandement afin de combattre ces mouvements, partis ou Etats.

Il devient par conséquent nécessaire pour les musulmans, oeuvrant pour le rétablissement du Khilafah, cible privilégié de ces soit-disant mesures anti-terroristes, d’exposer la réalité de ces lois à l’opinion publique islamique et mondiale. Ils doivent aussi exposer la réalité de la stratégie américaine visant activement à dominer le monde par le biais de cette législation, et exposer le fait que les Etats-Unis sont les réels auteurs d’un grand nombre des attentats et explosions de part le monde qui ont été attribués aux musulmans, individus, groupes ou Etats.

Il est aussi primordial que les musulmans soient fidèles à l’Islam dans leurs actions et comportements. L’Islam possède une méthode dans la réalisation de ses buts et objectifs. Cela se manifeste par la transmission de l’appel à la reprise du mode de vie islamique en rétablissant le Khilafah. L’adhésion à cette méthode, qui consiste en une lutte intellectuelle et politique à l’exclusion des actes matériels, est une adhésion à la méthode découlant de l’Islam, et non une crainte ou un désir d’échapper à l’étiquette de terroriste.

Il est nécessaire que les musulmans comprennent que les actions de l’Etat islamique, après qu’il soit réinstauré incha’Allah, sont délimitées par la charia. Cette nécessité s’impose aussi bien pour les activités intérieures en gérant par exemple les affaires des citoyens, en appliquant les hudouds (code pénal)…, ou externe, comme la propagation de l’Islam par la méthode du djihad à l’ensemble de l’humanité, en supprimant les obstacles matériels qui constituent une barrière à son application.

Il doit être clair pour les musulmans que l’application de l’Islam par les musulmans sur eux-mêmes ainsi que sur autrui n’a pas pour origine un caprice des musulmans et n’a pas non plus pour objectif la réalisation d’intérêts qui leur sont spécifiques. Mais c’est en réalité un acte de soumission aux commandements d’Allah (SWT) qui a créé l’homme, la vie et l’univers et a ordonné à l’être humain d’organiser sa vie en accord avec les lois de l’Islam, qu’il a révélé à Mohammed, son Messager (ASWS).

Ainsi donc, en qualifiant l’Islam de terroriste ou des musulmans de terroristes, les Etats-Unis et d’autres ne font que soutenir une description perverse et partiale. Elle est contraire à la réalité et contredit ce qu’Allah (SWT) souhaite à travers l’Islam.

Il (SWT) dit :

وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِّلْعَالَمِينَ

Et Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour l’univers [Al Anbiya 107]

Il (SWT) dit aussi :

وَنَزَّلْنَا عَلَيْكَ الْكِتَابَ تِبْيَانًا لِّكُلِّ شَيْءٍ وَهُدًى وَرَحْمَةً وَبُشْرَى لِلْمُسْلِمِينَ

Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu’un guide, une grâce et une bonne annonce aux Musulmans. [Al-Nahl: 89]

Cette miséricorde apparaît clairement lors de l’application des lois de l’Islam. Il n’y a pas de différence entre la salah et le djihad, entre une du’a et le fait d’effrayer un ennemi. Il n’y a aucune différence non plus entre la zakah et le fait de couper la main du voleur, ou de secourir un affligé et de combattre ceux qui commettent des agressions envers la dignité des Musulmans. Ce sont tous des lois islamiques que les musulmans ou l’Etat mettront en pratique, chacun selon sa propre réalité, quand le moment sera venu.


Traduction d’un extrait de l’ouvrage ‘Dangereux Concepts – afin d’attaquer l’Islam et de consolider la civilisation occidentale’ publié en 1998 par Hizb-ut-Tahrir

 

 

 

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