Ce que le Khilafah a apporté au monde

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L’idée d’un Khilafah est constamment moquée par l’Occident et par leurs agents musulmans séculiers qui dominent le monde musulman. Les personnes qui appellent à sa mise en œuvre sont qualifiées d’extrémistes et de radicales dans le monde occidental et sont emprisonnées, torturées et même tuées dans le monde musulman. Cela est en outre le fait qu’un Khilafah islamique a été mis en œuvre pendant plus de 1000 ans. C’est une partie de l’histoire qui ne peut être ignorée. Dans cet article, nous examinons quelques-unes des contributions du Khilafah au monde.

Le premier État islamique a été établi par le Prophète Mohammed ﷺ lui-même, à Yathrib (Médine) au 7e siècle. Fondé sur le monothéisme, Al Khilafah a réuni des personnes de différentes couleurs, croyances et éradiqué l’inégalité des classes. Il a finalement été adopté par de nombreuses nations et peuples. À son apogée, il s’étendait du Maroc et de l’Espagne à l’Ouest, aux Philippines à l’Est, des Steppes du Khurasan au Nord et aux jungles du Congo moderne au Sud. Le monde musulman est passé d’une période sombre d’ignorance et de division à une période de clairvoyance et d’unité et de surcroît doté d’une force inégalée. Tout cela peut être vu dans de nombreuses périodes d’ère islamique.

1- L’âge d’or de Bagdad

Pendant le règne abbasside du Khilafah, ils ont eu comme projet de créer une capitale qui serait imposant aux yeux du monde. Le khalifah Abbasid, Al-Mansur a réuni des ingénieurs, des arpenteurs et des artistes du monde entier afin d’établir des plans pour la ville. Plus de 100 000 travailleurs de la construction sont venus examiner les plans et ont obtenu une rétribution pour commencer l’ouvrage de la grande ville.

Bagdad a été la première ville de forme circulaire dans le monde. En cinquante ans, la population a dépassé les murs de la ville alors que les gens se pressaient dans la capitale. Bagdad était devenu un vaste épicentre du commerce qui reliait l’Asie et la Méditerranée. Par le règne du petit-fils de Mansur, Harun Ar-Rashid (786-806 CE), Bagdad était deuxième en taille, après Constantinople. Les villages, les villes et les colonies européennes construisaient des murs pour empêcher les raids de hors-la-loi et d’armées, mais ces fortifications étaient typiquement vulnérables en leurs coins. Les quatre coins de la ville étaient des points faibles. Si une pression suffisante était appliquée à l’un de ces points, le mur s’effondrait et les troupes pouvaient inonder la brèche. Les musulmans ont résolu ce problème en construisant des cités en forme circulaires.

Après que les défenses de la ville eurent été achevées, la préoccupation s’est tournée vers la façon dont les Abbasides alimenteraient le reste de l’oumma. Le développement de l’agriculture sous ère Abbaside est un phénomène remarquable. La rareté de l’eau avait transformé les terres arides en de vastes déserts où il était très difficile de faire pousser des produits agricoles substantiels. La population qui était dispersée, importait toujours des provisions de céréales pour compléter leur alimentation composée de dattes et de petits maïs qu’il cultivait sur leurs propres terres. L’agriculture en Arabie avait été très primitive et se limitait aux secteurs où l’eau était disponible sous forme de sources. Médine, avec ses nombreuses sources et ses puits, était le seul endroit vert dans le vaste désert. Les Abbasides ont réglé cette situation en contrôlant d’abord les flux du Tigre et de l’Euphrate. Le système d’irrigation dans les terres a été considérablement amélioré en creusant un certain nombre de nouveaux canaux ainsi que l’un plus grand canal de cette époque, entre le Tigre et l’Euphrate. Ce canal s’appelait Nahr Isa (canal Isa) et était ouvert aux navires de transports entre la Syrie et l’Irak. Cela a conduit à l’ouverture des routes de navigation vers l’Inde et le golfe Persique. Les Abbasides ont reconstruit les canaux, les lacs et les réservoirs existants, qui ont été construits sous Hajjaj Bin Yusuf en 702 CE. Après cela, les marécages autour de Bagdad ont été drainés, ainsi libérant la ville du paludisme.

2- La maison de la sagesse – Bayt Al-Hikmah

Les Abbassides au VIIIe siècle ont probablement initié le plus grand projet de transcription en traduisant l’œuvre des Grecs anciens en arabe, c’est ce qui a protégé ce savoir et évité au monde une perte inestimable. Le travail d’archivage minutieux a nécessité du temps, des efforts et une coordination. À cette fin, un institut nommé Bayt Al-Hikmah a été mis en place à Bagdad et dirigé par le Khilafah abbasside.

À la demande du khalifah, un observatoire a été construit et de nombreux instituts éducatifs ont été créés qui ont répandu l’alphabétisation. D’autres dirigeants comme Al-Mansur ont mis à disposition des ressources abondantes pour accomplir cet œuvre faramineuse. La traduction est devenue une industrie d’État et les savants musulmans ont réussi dans ce qui est encore considéré aujourd’hui comme un exploit véritablement incroyable.

Des observatoires ont été mis en place à Bagdad et sont devenus un centre inégalé pour l’étude des sciences et des sciences humaines, y compris dans le domaine des mathématiques, de l’astronomie, de la médecine, de la chimie, de la zoologie et de la géographie. Les savants, les scientifiques et les spécialistes se sont appuyés sur les œuvres traduites de civilisations antérieures telles que les œuvres persanes et grecques qui comprenaient celles de Pythagore, de Platon, d’Aristote et de Socrate. De tels ouvrages ont été accumulés et Bagdad est devenue le foyer d’une grande collection de connaissances du monde.

3- l’Espagne Islamique

L’Europe était en proie à des guerres presque constantes et à des brutalités horribles. Des hordes envahissantes et des réfugiés en fuite ont englouti le continent. En revanche, de larges sections du monde musulman, en particulier celles qui ne se trouvaient pas sur les frontières, étaient sereines et tranquilles pendant des centaines d’années. Dans cette atmosphère diverses villes ont fleuri et l’histoire était la même partout dans le reste du monde musulman.

Quand les musulmans sont entrés en Espagne au début du 8e siècle, ils ont trouvé des gens qui vivaient dans des chaumières en pierre, des endroits humides et insalubres où animaux et humains cohabitaient. La toiture en chaume était trouée en son centre pour laisser sortir la fumée du petit feu qu’ils entretenaient. Dans l’habitat régnait une sombre odeur de fumée. Les habitants avaient les larmes coulant sur leurs visages noircis par la suie. Les maladies oculaires et respiratoires étaient fréquentes.

Les Espagnols refusaient de se laver, croyant en une forme de spiritualité qui signifiait qu’ils devaient éviter une vie terrestre ou matérialiste. Les fourrures animales qu’ils portaient étaient transmises de génération en génération. La puanteur était souvent accablante surtout parce qu’ils vivaient à proximité dans leurs cellules sans air renouvelé. Les musulmans étaient habitués à des canaux et des jardins. La grande ville de Damas en Syrie avait plus de cent mille jardins à elle seule. Guidés par l’islam et une vision de l’amélioration de l’humanité, les musulmans ont cherché à changer cela. Au Xe siècle, la ville espagnole de Cordoue avait deux cent mille maisons, plus d’un demi-million de lieux de culte, neuf cents bains publics et des bibliothèques contenant des centaines de milliers de volumes. De plus, les rues étaient pavées de pierre, nettoyées, surveillées et éclairées la nuit. Des conduits apportèrent de l’eau dans les maisons des gens et dans les nombreuses places et jardins de la ville. Des étudiants virent de toute l’Europe à Cordoue pour apprendre des savants reconnus de l’époque.

4- Les Ottomans et la diversité

Dans presque toute l’histoire islamique, le Khilafah et les musulmans étaient une minorité régissant la majorité des non-musulmans. Le Coran et les exemples du Prophète ont souligné comment les non-musulmans devraient être traités. Le traité d’Umar Ibn Al-Khattab, dans lequel il a garanti aux chrétiens de Jérusalem leur droit de pratiquer leur foi dans une totale sécurité, est devenu le modèle standard dans l’histoire islamique.

La conquête ottomane de Constantinople, en 1453 CE, est considérée comme un événement majeur dans l’histoire, mais c’était aussi la première fois que les Ottomans ont régnés sur un grand nombre de non-musulmans. Constantinople avait historiquement été le centre du monde chrétien orthodoxe, elle était constituée d’une grande population chrétienne. À la mesure que le Khilafah ottoman s’élargissait en Europe de plus en plus de non-musulmans étaient sous l’autorité ottomane. Dans les années 1530, plus de 80% de la population de l’Europe ottomane n’était pas musulmane. Afin de traiter ces nouveaux sujets ottomans, le sultan ottoman Mehmed institua les règles islamiques de gouvernance sur une population diversifiée, plus tard institutionnalisée dans le système de Millet.

Dans ce système, chaque groupe religieux était organisé en millet. Millet provient du mot arabe pour «nation», indiquant que les Ottomans se considéraient comme les protecteurs de plusieurs nations. Chaque groupe religieux était considéré comme son propre millet, avec des millets multiples existant dans le Khilafah ottoman. Par exemple, tous les chrétiens orthodoxes dans le Khilafah ottoman ont été considérés comme constituant un millet, tandis que tous les Juifs constituent un autre millet.

Chaque millet était autorisé à élire sa propre figure religieuse pour les diriger. Dans le cas de l’Église orthodoxe (la plus grande église dans le Khilafah ottoman), le patriarche orthodoxe (l’archevêque de Constantinople) était le chef élu du millet. Les chefs des millets ont été autorisés à appliquer leurs pratiques religieuses liées au culte.

En plus du culte, les millets ont eu le droit d’utiliser leur propre langue, de développer leurs propres institutions (églises, écoles, etc.) et, dans certains cas, de percevoir des impôts. Le sultan ottoman exerçait généralement le contrôle sur les millets à travers leurs chefs. Les dirigeants du millet rapportaient au Sultan, et s’il y avait un problème avec un millet, le sultan consultait le chef du millet.

Le Khilafah ottoman a régné de 1300 à 1924 CE. Tout au long de son histoire, le système Millet a fourni un système d’harmonie religieuse et d’appartenance à travers le Khilafah. Au fur et à mesure que le Khilafah s’élargissait, plus les millets étaient organisés. Des millets séparés existaient pour les chrétiens arméniens, catholiques et orthodoxes, chaque secte étant divisée en églises régionales plus spécifiques.

Ces décrets par les sultans ottomans Mehmed II et Bayezid II ont accordé à la communauté grecque la propriété de l’église. Les décrets et l’église sont toujours présents à Istanbul aujourd’hui.

À mesure que le Khilafah s’affaiblissait, l’intervention européenne eut lieu, ils se mirent à monter chaque millet l’un contre l’autre. Ce qui ne s’est plus produit pendant des centaines d’années. Lorsque le Tanzimat libéral a été adopté dans les années 1800, le système de millet a été aboli, en faveur d’un gouvernement laïc de style européen. Les Ottomans furent forcés de garantir des «droits» vagues aux minorités religieuses, ce qui limitait leurs libertés. Au lieu d’être autorisés à gouverner selon leurs propres règles, tous les groupes religieux étaient contraints de suivre le même ensemble de lois séculières. Cela a effectivement fini par causer plus de tension religieuse dans le Khilafah et a été l’une des causes du massacre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale dans les derniers jours de la fin du Khilafah ottoman.

Le système Millet était une solution unique et créative pour gérer un État multi-ethnique et multi-religieux, transnational. Les droits et libertés accordés aux minorités religieuses étaient bien en avance sur leur temps. Alors que l’Europe a lutté avec la persécution religieuse dans les années 1900, les Ottomans avaient créé un système religieux pluraliste harmonieux et stable qui a garanti la liberté religieuse pendant des centaines d’années.

Bien que sans doute, le Khilafah a également eu de nombreux problèmes comme tout État humain aurait pu avoir, sa contribution au Monde a été sans précédent. L’histoire du Khilafah démontre qu’il n’y a pas de contradiction entre l’Islam et la Science. En fait, c’est sous le Khilafah que des scientifiques comme Ibn-Haitham ont révolutionné l’approche pour construire des conclusions sur l’optique géométrique et physiologique à travers des tests et des observations. La motivation des musulmans à exceller, dans les sciences et les technologies, a été soutenue par le Coran qui encourage l’Homme à exploiter les richesses de la terre aux bénéfices de toute l’humanité.

وَسَخَّرَ لَكُم مَّا فِى ٱلسَّمَـٰوَٲتِ وَمَا فِى ٱلۡأَرۡضِ جَمِيعً۬ا مِّنۡهُ‌ۚ إِنَّ فِى ذَٲلِكَ لَأَيَـٰتٍ۬ لِّقَوۡمٍ۬ يَتَفَكَّرُونَ

 « Et Il vous a assujetti tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, le tout venant de Lui. Il y a là des signes pour des gens qui réfléchissent(3) »

(S45 :V13)

Cela dissipe également le mythe selon lequel le Khilafah a une vision barbare envers les non-musulmans. Bien qu’il y ait eu quelques incidents malheureux dans l’histoire où les non-musulmans n’ont pas été considérés impartialement, cela ne change pas le fait que l’islam exige intrinsèquement des citoyens non-musulmans d’être traité équitablement.

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui blesse un dhimmi me blesse, et celui qui me blesse, ennuie Allah. » (Tabarani)

Ce ne sont que quelques-unes des contributions du Khilafah au monde. Il est clair que la décadence et l’âge des chameaux attribué au Khilafah font partie d’une campagne de propagande idéologique pour ternir le concept d’une politique islamique. Aujourd’hui, les musulmans du monde entier ont le désir de vivre sous la loi islamique (Sharia) malgré la propagande contre le Khilafah. Le seul obstacle à cela, ce sont les puissances impériales et leurs agents qui gouvernent le monde musulman par le régime séculier. Cependant, l’arrivée d’un Khilafah basée sur la méthode du Prophète (ﷺ) est inévitable comme cela a été promis par Allah (سبحانه وتعالى). L’accélération de l’agression contre l’islam et contre ceux qui appellent à sa mise en œuvre d’un khilafah par les superpuissances mondiales n’est qu’un témoignage de sa proximité. Une fois que le Khilafah arrivera, elle innovera une fois de plus le monde en matière scientifique et technologique sans oublier de contribuer aux résolutions des problèmes de l’humanité.

Comme il est annoncé dans ce Hadith rapporté par Ahmed

« La prophétie restera parmi vous autant qu’Allah le souhaitera, puis Allah y mettra un terme quand Il voudra. Il y aura alors un Khilafah suivant la voie prophétique, qui vous gouvernera autant qu’Allah le souhaitera, puis Allah y mettra un terme quand Il voudra. Puis viendra une royauté injuste (et dynastique) qui vous gouvernera autant qu’Allah le souhaitera, puis Allah y mettra un terme quand Il voudra. Puis viendra une royauté tyrannique qui vous gouvernera autant qu’Allah le souhaitera, puis Allah y mettra un terme quand Il voudra. Puis viendra alors un Khilafah suivant la voie prophétique. » Puis le Prophète se tut. »

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